Le président du tribunal de Milan, Fabio Roia, a formellement envoyé une communication au préfet et au questeur pour vérifier si la juge des enquêtes préliminaires Tiziana Landoni a besoin de mesures de protection. Comme l'a rapporté RaiNews, la demande fait suite à l'apparition de nombreux messages menaçants sur le net après la non-validation de l'arrestation et la remise en liberté de Youssef Siher, mis en cause dans le cadre de l'enquête sur les canaux du Mouvement du 17 octobre.

Les contrôles ordonnés par les chefs de juridiction ont relevé des phrases intimidantes et des attaques verbales, documentées dans un dossier également transmis au parquet et au parquet général. L'Association nationale des magistrats de Milan a dénoncé la gravité des agressions diffamatoires à caractère sexiste visant à la fois la juge d'instruction et la procureure Francesca Crupi, dont l'image a été confondue à tort en ligne avec celle de la magistrate du siège, réitérant sa pleine solidarité avec les toges concernées.

Dans la décision de mise en liberté, la juge avait conclu à l'absence d'indices graves de culpabilité et d'exigences conservatoires à l'encontre de l'homme de trente ans, soulignant que ses messages ne contenaient pas d'incitations à des actions violentes. La défense, menée par l'avocat Benedetto Ciaccarone, avait soutenu l'absence des conditions requises pour la détention, tandis que le parquet antiterroriste de district demandait le placement en détention provisoire.

La décision a suscité de vives réactions politiques, notamment les critiques de la présidente du Conseil Giorgia Meloni et les répliques de l'opposition et de l'Anm. Dans le même temps, plusieurs membres magistrats et laïcs du Conseil supérieur de la magistrature ont officialisé la demande d'ouverture d'un dossier pour la protection de la magistrate milanaise, soulignant la nécessité de préserver l'autonomie et la sérénité de la fonction juridictionnelle.